![]() |
|
Pour connaitre les activités de l'URBVM.
contactez : jrap@wanadoo.fr ou urbvm@hotmail.com
- Contact Vendée : jrap@wanadoo.fr
- Contact étudiant Nantes Charles :
breizhu@gmail.com ou par msn : charlesmeaumusse@hotmail.com
- Contact lycéens et étudiants Rennes : jordan.ba@live.fr
Bienvenue sur le blog de l'URBVM.
"Le royalisme est une force avec laquelle il faudra compter dans l'avenir"
C'est un roman au rythme lunaire, comme est solaire l'Odyssée. C'est un roman catholique et national au sens que s'y mêlent prophétisme armoricain et latinité chrétienne. C'est un roman de musiques antérieures où, comme chez Bernanos, du mal, surgit la grâce.
« Entre tapes amicales et coups de poings, ces gens là évoquaient une guerre dont il était admis qu'elle serait brève. De la guerre avec victoire en chantant, on passait aux bateaux à repeindre, aux femmes à reluquer, à la pêche au gros, vers terres neuves. »
Julien à 15 ans, une mère alcoolique et un père qui n'a gardé de son héroïsme en 14-18 que la violence. Solitaire et errant sous les lunes qui blanchissent la lande d'un arrière pays morbihanais, il est recueilli, entre deux braconnages, par le régisseur du château de la Bourlardaie. Ses escapades ne cessent pas pour autant, ni ses mélancolies d'enfant du siècle du Grand Maulne, ni ses angoisses d'adolescent promis à une guerre qui ne devais jamais arriver. La peinture sociale y est d'un grand intérêt : la ruralité française des années trente est un paysage de veuves ; la veulerie masculine du temps est à l'aune de la débandade en rase campagne qui se préparait.
La force de Le Quintrec, qui est d'abord un poète, c'est de fonder ses romans sur la polyphonie de l'écriture : contrepoint tout personnel en-dessus et en dessous une histoire qui se raconte le soir à la veillée; Le « fantastique » sans abus ni outrance et qui demeure dans l'ombre des calvaires, y est omniprésent : nous sommes bien en Bretagne.
Il y a de multiples voix dans ce roman qui fourmille de personnages nouveaux à chaque chapitre. Certains ne sont que des fantômes maléfiques ou des tentations surgies dans la brume des étangs. Il y a toujours, au vrai, quelque cousinage germanique dans ce romantisme aux accents gaéliques des plus à l'Ouest des Français. Le Quintrec n'y échappe pas. Ni à une sensualité vaporeuse, entre ivresse de lambig et de dentelles.
Les enfants de Kerfontaine n'a pas été écrit pour épater le lecteur, mais pour l'émouvoir et lui donner à penser. Traduisant l'âme d'un peuple, ce très beau livre s'inscrit tout naturellement dans une tradition littéraire, celle de Giono, Bosco ou Jean Yole, et dans les veines d'un Ernest Perochon ou d'un Marcel Arlan. Mais c'est dans son rythme narratif si original, c'est dans la verdeur de son style si enrichi de métaphores recueillies sur les lèvres de gens authentiques qu'il trouve sa propre musique, tantôt tonitruante comme un bagad à la parade, tantôt poignante comme un cantique breton, cet ancêtre du bleus... Le nouveau roman de Le Quintrec est à déguster d'urgence, surtout si c'est l'occasion de découvrir ce véritable écrivain au génie modeste, ou de redécouvrir, sous le romancier, le poète des côtes pelées et des abers charnus, le peintre des enclos du coeur, l'artiste du verbe aussi indifférent, par discernement, par vacarme des médias que ces derniers le sont, par sottise, à l'égard de son immense talent.
Les enfants de Kerfontaine
Charles Le Quintrec
Albin Michel 284 pages, 19 euros.
Article de Benoît Gousseau dans Politiques Magazines N°54
Politique Magazine
La nouvelle Revue Universelle
La Restauration Nationale
Pour toutes informations sur ces
publications, merci de nous
envoyer un mail.
Commentaires