Mercredi 19 décembre 2007
13 h, Ramiz Iseni encadré par des hommes du GIPN arrive sur les lieux de la reconstitution. C'est ici, près de Nantes, que le corps de Sophie Gravaud
a été découvert le 13 avril, une semaine après sa disparition. : Franck Dubray
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Ramiz Iseni est revenu, hier, là où il a avoué avoir déposé le corps de la jeune vendeuse après l'avoir étranglée. Une reconstitution partielle.
On ne passe pas ! À Bouguenais, dans la banlieue de Nantes, la route de Pornic est carrément déviée. Des gendarmes en armes sont postés tous les dix mètres, bouclant
un long périmètre de sécurité. Un hélicoptère survole la zone en permanence à basse altitude... « Nous avons des consignes très strictes, explique un gendarme.
Aucune image ne doit filtrer. »
Ici, à l'abri des regards, au fond d'un chemin, le corps de Sophie Gravaud, 23 ans, avait été découvert en partie dénudé le 13 avril. La jeune femme avait été enlevée
une semaine plus tôt à sa sortie du travail, dans une galerie marchande de la banlieue nantaise.
Ce mardi midi donc, les lieux sous haute surveillance sont prêts à accueillir la reconstitution, ce moment attendu de l'enquête. « C'est sûr,
cela montre que le dossier avance... C'est presque terminé », souffle Martine Bréger, la mère de la victime. L'enquête de la police, depuis le début de
cette affaire, va tambour battant.
À 13 h pile, un convoi déboule, escorté par des motards. Ramiz Iseni, soupçonné d'enlèvement et de séquestration suivis de mort, est assis derrière les verres fumés
d'une voiture de police. Ce père de famille bosniaque de 46 ans vient d'être extrait du centre médico-psychologique régional de Rennes où il est détenu.
Des hommes du GIPN encagoulés, armes au poing, giclent de leurs voitures. Une seconde passe. Et tout le monde disparaît derrière deux camions de la gendarmerie garés
pour faire écran.
« Il a coopéré »
Pourquoi un tel déploiement de forces ? La mort de Sophie Gravaud avait provoqué une émotion collective rare à Nantes. Pas question qu'un individu armé ne vienne
venger la jeune femme.
Ramiz Iseni, qui a avoué avoir étranglé la jeune femme après l'avoir déshabillée, a reproduit la scène qu'il a décrite dans les bureaux du palais de justice de Nantes.
C'est le juge d'instruction qui a souhaité organiser cette reconstitution, pour éclaircir les circonstances dans lesquelles Sophie Gravaud a été tuée.
« Mon client a mis en scène les évènements tels qu'il les a racontés, confirme Jérôme Stéphan, l'avocat du suspect. Il est
resté fidèle à ses déclarations et a coopéré. » Effectivement, la reconstitution prévue pour durer plusieurs heures s'est achevée après soixante minutes
seulement.
Il libère sa conscience
Fin de l'opération à 14 h. La route est rendue à la circulation. Pour Ramiz Iseni, la journée n'est pas finie. Il est conduit dans un bureau de la brigade de
gendarmerie de Bouguenais où il est une nouvelle fois entendu pendant une heure par le juge d'instruction. Les bâtiments sont protégés comme la banque de France, un homme du GIPN en surveillance
tous les trois mètres.
Aujourd'hui, Ramiz Iseni a levé presque toutes les zones d'ombre dans cette affaire. « Il a libéré sa conscience petit à petit,
observe Martine Bréger, la mère de Sophie de Gravaud. C'est terrible, à chaque fois pour nous, ça remonte à la surface... »
Le dossier pourrait être refermé à la fin du premier trimestre 2008. Prêt à être jugé par une cour d'assises.
Marylise COURAUD
Thomas HENG.
Source : Ouest France http://www.ouest-france.fr/actu/actu_PdlL.php?idCla=8620
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